Cadeau ! Voici quelques extraits du « Kama-sutra des demoiselles », pris parmi des centaines d’autres.

 

Ce livre est un recueil d’anecdotes, aussi drôles que savoureuses, sur tous les animaux qui nous entourent, de la mouche à la vache en passant par la grenouille et le rouge-gorge, nous révélant au passage les dernières découvertes des scientifiques et des observateurs de terrain. Son langage accessible et vivant le destine à tous les publics, aussi bien des lecteurs s’intéressant peu aux animaux que des naturalistes avertis. Après la lecture d’un tel ouvrage, on ne regarde plus les bêtes de la même manière...

 

 

 

 

 

 

 

 

                         

 

Les oiseaux ont du flair !

La mésange bleue se met au parfum (p. 71)
(...) Récemment, on a découvert que les mésanges bleues parfumaient leur nid ! Des chercheurs se sont aperçus, en Corse, que des femelles de mésanges bleues décoraient la couronne de leur nid avec des végétaux odorants, comme la menthe ou la lavande – ceux-là même que l’on utilise dans les produits ménagers -, et qu’elles s’empressaient de les remplacer quand ceux-ci venaient à manquer ou perdre leur odeur. On pense que ces plantes aromatiques protègent les oisillons grâce à leurs vertus insecticides, fongicides et désinfectantes. Au passage, notons que les oiseaux ont plus de flair qu’on ne le pensait. D’ailleurs, des tests semblent montrer que les mésanges utilisent également leur odorat dans la recherche de nourriture. D’autres oiseaux, et parmi eux plusieurs espèces d’aigles, parfument également leur nid.

Une découverte en suit une autre : chez certaines espèces d’oiseaux, les mâles offrent des bouquets aromatiques à leur partenaire. Phénomène curieux : les observations montrent que plus le bouquet sent fort, et plus la couvée contiendra de mâles ! Pour ces oiseaux, offrir des fleurs aurait donc des influences sur la famille future...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                             

VOTRE CHIEN N’A PAS OUBLIÉ SES RACINES

Il y a du loup dans votre chien (p. 27)

Pour bien comprendre le comportement d’un animal domestique, il faut se pencher sur ses ancêtres et ses cousins sauvages, et cela est aussi valable pour la vache que pour l’oie, le chat ou le chien. Nous y reviendrons souvent. Pour bien connaître son chien, il faut donc se rappeler les mœurs des loups. Animal de meute, le loup obéit à une hiérarchie. Quand une proie est tuée, seuls les dominants ont droit à s’en nourrir. Les subalternes n’y accèdent que quand les chefs sont rassasiés. Avec le chien, il faudrait suivre les mêmes règles : les humains déjeunent en premier, ne partagent pas, et font manger le chien ensuite. C’est une des conditions de l’équilibre dans la maison, mais aussi du bien-être de l’animal : celui-ci a gardé un besoin ancestral de hiérarchie, et ne saurait pas comment se situer sans elle. Il ne peut y avoir qu’un chef de meute, le même en toutes circonstances, et cela ne doit pas être lui.

Un dominant s’octroie d’emblée les lieux stratégiques d’où l’on peut tout surveiller. Dans une habitation, c’est généralement le couloir où convergent les pièces. Mettre un chien dans un tel lieu transmet donc un message que nous ne soupçonnons pas forcément : ce que l’on pense être une punition peut être vécu comme une faveur ! De même, les places de repos de tous les membres de la famille, enfants compris (lits, fauteuils et canapés), devraient être interdits d’accès aux chiens. Certes, on peut vivre heureux sans respecter ces préceptes, car beaucoup de toutous ont un caractère facile. Mais il peut y avoir des erreurs d’interprétation. (...)

 

 

 

 

 

 

                                   

 

 UN CHAT SOUS LE CAPOT

 Une panthère dans l’appartement (p. 29)

 

(...) L’ancêtre de nos matous est probablement la variété africaine du chat sauvage, le chat ganté (Felis sylvestris lybica), domestiqué par les Égyptiens voici au moins 5 000 ans (on a retrouvé des fossiles beaucoup plus anciens de chats associés à des humains). Notre fauve d’appartement a gardé de ses origines africaines des habitudes de gros frileux. Il recherche les chauffages, les feux de cheminée, et dehors se tient volontiers près des moteurs fumants des voitures. Beaucoup se sont ainsi retrouvés piégés sous les capots, et ont voyagé malgré eux pendant des kilomètres ! (...)

(...) Et quand un minou domestique secoue sa croquette comme si elle allait se débattre, c’est qu’il a encore comme une « petite proie dans la tête ».

 

 

 

 

 

 

 

 

                                

LES AMOURS BATAILLEUSES DU SANGLIER

 

Comme des chevaliers en armure (p. 184)

Quelques jours avant le rut, la salive des sangliers se parfume de substances sexuellement attractives, et les bêtes se livrent à des sortes de concours de crachats. Les laies bavent sur les troncs et les en imprègnent soigneusement. Ces mots d’amour chimiques sont parfaitement compris par les mâles du coin, qui débarquent sur le lieu de messagerie pour y déposer à leur tour une déclaration mousseuse. Pour eux, le jeu est de coller leur écume au-dessus de celle du mâle précédant, le plus haut possible. Le ton est donné : il y a de la concurrence dans l’air.

Au moment du rut, les mâles en rivalité doivent se battre. Une couche protectrice s’est alors développée sur les épaules, l’échine et les flancs. La peau s’est épaissie pour atteindre de 3 à 5 cm chez les vieux mâles solitaires, et sur ce cuir renforcé, une toison de poils robustes assure un blindage externe. Comme les sangliers se baugent et se frottent sur les troncs des conifères, ils bétonnent leur protection avec une enveloppe de boue séchée et de résine de plusieurs centimètres d’épaisseur, prêts à livrer combat comme des chevaliers en armure. Les affrontements peuvent être violents, mais les guerriers sont rudes. Les armures sont quelquefois ouvertes par des blessures sanglantes sans que les animaux en paraissent gênés. Parfois même, la défense cassée d’un concurrent reste fichée dans leur peau.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                         

FREUD, TINTIN, ET LES CHAMPIGNONS

 Des êtres étranges venus d’ailleurs (p. 188)

 

Pour nommer la nourriture, nombre d’ethnies africaines rapprochent plus les champignons de la viande que des légumes. Cette intuition ancestrale est en parfait accord avec les découvertes de la science occidentale  : les champignons ne sont ni des animaux, ni des plantes. Ces êtres bizarres ont quelque chose d’extraterrestre, et ce n’est pas un hasard si Hergé a fait éclater des champignons géants dans « L’Étoile mystérieuse », pour plonger Tintin dans un univers déroutant. Il a d’ailleurs dessiné des sortes d’amanites tue-mouches, connues pour leurs propriétés hallucinogènes sur les mouches, mais aussi sur les humains…

Sigmund Freud lui-même avait un drôle de rapport avec les champignons : il les chassait ! Au cours de véritables expéditions familiales, il s’éloignait du groupe, et lançait son chapeau sur des bolets jaunes avec des cris de victoire quand il en « capturait » un… Henrietta Darwin (la propre fille de Charles Darwin), avait quant à elle un problème avec le bien nommé phallus impudique, ou satyre puant. Typique de l’époque victorienne, la respectable lady a été jusqu’à susciter un programme pour supprimer de la campagne anglaise le trop suggestif champignon…

Les champignons ne contiennent pas de chlorophylle, mais du collagène, protéine utile aux animaux pour assurer la cohésion des muscles, des os et de la peau, et bien connu de la chirurgie esthétique. Malgré leurs apparences végétales, ils sont donc plus proches de l’animal, à la fois intermédiaires et êtres à part. La preuve ? Certains champignons attrapent des vers au lasso ! Il ne s’agit pas de grosses cordes lancées dans les airs, mais de petits tentacules qui réagissent au passage des nématodes, des vers minuscules (...).

 

 

 

 

 

                             

DRÔLES DE MŒURS CHEZ LA VOLAILLE

L’amour à trois, c’est bon pour les oies (p. 126)

 

Un biologiste américain, Bruce Bagemihl, a recensé en 1999 des comportements homosexuels chez 450 espèces animales différentes, dont 300 de mammifères et d'oiseaux. Le biologiste gay a beaucoup choqué, mais il a fait taire les préjugés affirmant que l’homosexualité n’est pas naturelle… Ces mœurs sont courantes chez les oies cendrées, avec des variantes. Konrad Lorenz (voir pages 124, 125 et 148) raconte l'histoire d'un ménage à trois, où une femelle a réussi à se glisser entre deux mâles homosexuels pendant leur copulation. L’affaire a fini en trio. La famille, plus grande que les autres, s’installait toujours dans les meilleurs endroits de ponte… Plus récemment, un autre trio d’oies a été observé au parc du Marquenterre, en baie de Somme. La femelle n’avait de rapports sexuels qu’avec le mâle dominant. Les trios, fréquents chez les oies, assurent un meilleur élevage des petits, et donc un plus grand succès de reproduction.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                       

L’ESCARGOT MUSICIEN

Monsieur/dame l’escargot (p. 64)

L’escargot est un gastéropode (ou gastropode), ce qui signifie « l’estomac dans le pied », pour ne pas dire « l’estomac dans les talons ». Ceci n’est qu’une originalité parmi tant d’autres... À la fois fille et garçon, le mollusque est une chimère à lui tout seul : il a les yeux au bout des cornes, quatre lèvres autour de la bouche, des dents plein la langue, l’anus dans la narine, il pond par la tête, il boit par la peau, et il joue des castagnettes ! Quand il fait un effort, l’escargot ouvre et ferme en rythme son pneumostome (l’orifice respiratoire très visible derrière sa tête), et cela produit quelquefois des claquements proches d’un son de castagnettes. Quand il glisse sur une vitre, il peut aussi émettre avec sa coquille des vibrations qui s’entendent à 7 ou 8 mètres !

La bête à cornes est également la reine du piercing. Dès le début de l’accouplement, chaque animal enfonce un dard calcaire dans la chair de son collègue. Ce charmant aspect « sadomaso » de notre gastéropode aurait pour effet de le stimuler pour l’action : chez lui l’amour dure une dizaine d’heures.

Pourquoi l’escargot est-il hermaphrodite ? Très certainement parce que sa lenteur l’empêche de parcourir de longues distances : quand il a la chance de rencontrer un congénère, c’est forcément le bon – et la bonne ! - partenaire. Une seule rencontre entraînera deux fécondations. Jusqu’à preuve du contraire, l’escargot ne s’auto-féconde pas…

 

 

 

 

 

 

 

                              

 

L’équitation : bon pour le cavalier ? (p. 136)

(...) Selon la Fédération française d’équitation, ce sport permet à l’enfant cavalier de maîtriser son équilibre, de se muscler le dos et le ventre, redresser sa colonne, coordonner et dissocier ses gestes, savoir doser ses mouvements, prendre confiance en lui, maîtriser ses réactions émotionnelles, développer ses capacités d’analyses et acquérir le sens des responsabilités.

Le contact avec le cheval, comme avec d’autres animaux, est souhaitable pour les enfants à condition d’être suivi par des adultes responsables. Le mot clé de la réussite des relations enfant/animal – comme toute relation - est la réciprocité. Si l’apprenti(e) cavalier(ère) peigne son poney comme une poupée Barbie et le « chouchoute » avec du matériel de luxe, il se fait plaisir en ignorant tout des vrais besoins de l’animal. Si l’enfant considère sa monture comme une vulgaire bicyclette, qu’il ne s’en sert que pour son plaisir égoïste, sans même apporter quelques carottes ou faire brouter l’animal après la séance de travail, c’est raté : il aura pris une bonne leçon d’irrespect. Au contraire, si on lui fait comprendre l’être vivant qu’il côtoie, il apprendra vite la satisfaction de faire plaisir à autrui, et il assimilera la valeur de l’échange. La partie sera gagnée avec les animaux, et c’est la voie royale pour s’engager dans des relations saines avec ses semblables, qui qu’ils soient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                             

L’équitation : bon pour le cheval ?

Les ancêtres du cheval vivaient en troupeaux dans des plaines. L’animal a donc besoin de brouter en groupe pour être équilibré. Or, les chevaux de centres équestres ne sortent généralement de leur box que pour être montés, souvent par des débutants qui leur tirent sur la bouche sans ménagement. Il est rare que les moniteurs classiques apprennent à leurs élèves qu’ils ont à faire à un être vivant, avec des besoins identifiés et des réactions compréhensibles. Il est encore plus rare qu’on leur présente leur monture, afin que les cavaliers aient un minimum de notions sur son comportement avant de se permettre de monter dessus (pourtant, certains préconisent une année de contacts avant de commencer l’équitation !).

Le résultat est doublement désastreux : pour les cavaliers qui, quel que soit leur niveau technique, vont passer totalement à côté de relations enrichissantes (et payantes) avec leur monture, qui ne sauront agir que par des rapports de force, voire de brutalité. Ils auront peur d’elle dès qu’ils en seront descendus, faute de réellement savoir à quoi ils ont à faire. Ils auront probablement aussi l’esprit rivé sur la compétition1.
Une pratique de l’équitation uniquement technique est également désastreuse pour le cheval, qui n’aura aucun rapport positif avec l’être humain, aucun échange non plus avec ses semblables, et qui exprimera vite des perturbations : refus d’être monté, agressivité, tics et coliques2 pouvant entraîner une mort rapide. Ces faits, pourtant graves, sont aujourd’hui encore si courants, si ancrés dans les mœurs qu’on n’y prête guère attention.
1 « Courir plus vite, sauter le plus haut, être le plus fort : il est temps de remiser cet idéal enfantin et de proposer un modèle d’olympisme enfin humaniste », écrit le biologiste Albert Jacquart dans sa critique des jeux olympiques (« Halte aux jeux » Stock 2004).
2 Les tics, ou stéréotypie, sont des mouvements obsessionnels, que l’on observe aussi bien chez les prisonniers humains que chez les animaux captifs. En fait les coliques chez le cheval sont un blocage du tractus digestif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                    

 

 

 

 

 

 

 

 

                        

LE DISCOURS VISIONNAIRE DE SEATTLE

 Parole d’Indien (p. 258)

En 1854, un « homme sauvage », comme il se décrivait lui-même, prononça des mots illuminés de sagesse, de clairvoyance et noblesse. Ce sauvage, c’est le chef Indien Seattle, de la Ligue Duwanish. L’homme fait au président des États-Unis un discours poétique et visionnaire, dont voici quelques extraits. Ces mots semblent surgir du fond des temps comme la voix même de la nature :

 

« Qu’est-ce que l’Homme sans les bêtes ? Si tous les animaux disparaissaient, l’Homme mourrait d’une grande solitude de l’esprit. Car ce qui arrive aux bêtes arrivera bientôt à l’Homme. Toutes les choses sont liées entre elles (…) Nous savons au moins ceci : la Terre n’appartient pas à l’Homme, l’Homme appartient à la Terre. Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il n’en est qu’un fil, et tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même  (…) Continuez à souiller votre lit, et une nuit vous étoufferez dans vos propres immondices ».